quetiapin
Pharmacie, médicaments

Pénurie de médicaments psychotropes : état des lieux et perspectives en janvier 2026 de la Quetiapine

Depuis le début de l’année 2026, la France connaît des difficultés d’approvisionnement pour plusieurs médicaments psychotropes essentiels. Ces médicaments, utilisés dans le traitement de pathologies comme la schizophrénie, les troubles bipolaires, les troubles anxieux ou la dépression, sont au cœur des préoccupations des patients et des professionnels de santé.

Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), la situation tend à s’améliorer progressivement, mais reste fragile. Certaines pénuries pourraient persister encore plusieurs mois, en particulier pour certains dosages très spécifiques.


Qu’est-ce qu’un médicament psychotrope et pourquoi ces pénuries sont inquiétantes ?

Les médicaments psychotropes sont des traitements qui agissent sur le système nerveux central pour réguler l’humeur, l’anxiété, la psychose ou d’autres troubles psychiatriques. Ils regroupent plusieurs classes, notamment :

  • Les antipsychotiques (ou neuroleptiques), utilisés notamment dans la schizophrénie et les troubles bipolaires.
  • Les stabilisateurs de l’humeur, comme le lithium, prescrits dans le trouble bipolaire.
  • Les antidépresseurs, utilisés pour la dépression et les troubles anxieux.

Une rupture ou une pénurie de ces médicaments peut avoir des conséquences graves : aggravation des symptômes, hospitalisations, rechutes ou crises aiguës. C’est pourquoi la situation actuelle suscite une forte vigilance de la part des autorités et des associations de patients.


Médicaments psychotropes en pénurie et leurs indications

Plusieurs traitements font l’objet de difficultés d’approvisionnement depuis début 2025. Voici la liste des principaux médicaments concernés, avec les pathologies pour lesquelles ils sont prescrits :

MédicamentMaladies / indications principalesSituation actuelle
QuétiapineSchizophrénie, troubles bipolaires, troubles anxieuxStocks en reprise pour 50 mg et 300 mg, 400 mg encore limité. Retour complet attendu fin S1 2026.
RispéridoneSchizophrénie, troubles bipolaires, troubles du comportementDisponibilité redevenue normale, y compris la version injectable.
Chlorpromazine (Largactil)Schizophrénie, troubles psychotiques, délires paranoïaquesRetour à la normale prévu sous 3 à 4 semaines.
Téralithe (sels de lithium)Troubles bipolaires (prévention des épisodes maniaques et dépressifs)Certains dosages disponibles, autres encore en stock d’urgence.
VenlafaxineDépression majeure, troubles anxieux généralisés, troubles paniquesApprovisionnement amélioré mais pas encore totalement normalisé.

Quétiapine : l’exemple emblématique

La quétiapine est souvent citée comme le médicament le plus emblématique des pénuries. Prescrite pour la schizophrénie, les troubles bipolaires et certains troubles anxieux, elle a été la première molécule signalée en rupture. L’ANSM indique que les dosages 50 mg et 300 mg voient leurs stocks se reconstituer, mais la version 400 mg reste encore difficile à trouver.

Rispéridone et chlorpromazine : un retour progressif à la normale

La rispéridone, utilisée pour la schizophrénie, les troubles bipolaires et certains troubles du comportement, connaît désormais un approvisionnement régulier, y compris pour sa version injectable.

La chlorpromazine (Largactil), utilisée dans les troubles psychotiques, la schizophrénie et les délires paranoïaques, devrait être de nouveau disponible dans les trois à quatre prochaines semaines.

Téralithe et venlafaxine : une amélioration partielle

Le téralithe, utilisé pour stabiliser l’humeur chez les patients bipolaires, reste partiellement en rupture selon certains dosages, même si les besoins principaux sont assurés.

La venlafaxine, antidépresseur prescrit pour la dépression majeure, les troubles anxieux généralisés et les troubles paniques, voit une amélioration de son approvisionnement, mais tous les formats ne sont pas encore disponibles.


Pourquoi ces pénuries persistent-elles ?

Les pénuries de psychotropes ne sont pas le fruit du hasard. Plusieurs facteurs structurels contribuent à ces tensions :

  1. Délocalisation de la production
    Une partie des principes actifs est produite à l’étranger, ce qui rend l’approvisionnement plus fragile en cas de problèmes logistiques, de transport ou de régulation internationale.
  2. Prix jugés insuffisants
    Dans certains cas, le prix de remboursement fixé par la Sécurité sociale ne couvre pas suffisamment les coûts de production pour les laboratoires, ce qui limite la production et l’investissement.
  3. Demande accrue
    Avec la reconnaissance de la santé mentale comme « grande cause nationale » en 2025, la demande de psychotropes a augmenté, mettant encore plus de pression sur les chaînes d’approvisionnement.
  4. Complexité de la fabrication
    Certains psychotropes nécessitent des procédés complexes et une surveillance stricte de la qualité, ce qui réduit la flexibilité de production.

Les conséquences pour les patients et les professionnels de santé

Pour les patients, ces pénuries peuvent être extrêmement problématiques :

  • Risque de rechute ou d’aggravation des symptômes, notamment chez les patients atteints de schizophrénie ou de trouble bipolaire.
  • Arrêts ou modifications de traitement non recommandés, pouvant provoquer effets secondaires ou crises aiguës.
  • Stress et anxiété liés à la difficulté de se procurer le traitement.

Pour les professionnels de santé, la gestion des pénuries est également un défi :

  • Nécessité de réorganiser les prescriptions selon les dosages disponibles.
  • Communication constante avec les pharmacies et les patients pour assurer la continuité des soins.
  • Anticipation et recours aux stocks d’urgence fournis par l’ANSM pour certains traitements.

Perspectives et mesures de l’ANSM

Selon l’ANSM :

  • Les stocks se reconstituent progressivement, notamment pour la quétiapine, la rispéridone et la chlorpromazine.
  • Le retour à la normale complet pour certains médicaments, comme la quétiapine 400 mg et le téralithe, est prévu d’ici la fin du premier semestre 2026.
  • Les patients sont invités à prévoir leurs renouvellements et à consulter leur médecin ou pharmacien pour adapter leur traitement si nécessaire.

L’agence rappelle également que la coordination entre laboratoires, autorités et pharmacies est essentielle pour éviter de nouvelles ruptures.


Conseils pratiques pour les patients

Face à ces pénuries, les patients peuvent suivre quelques recommandations simples :

  1. Anticiper les renouvellements : ne pas attendre la dernière semaine pour demander son traitement.
  2. Consulter régulièrement son médecin ou psychiatre pour adapter la posologie ou trouver une alternative temporaire si nécessaire.
  3. Contacter sa pharmacie à l’avance pour vérifier la disponibilité du médicament.
  4. Ne jamais interrompre un traitement sans avis médical, même en cas de pénurie.

Conclusion

La pénurie de médicaments psychotropes en France est une réalité préoccupante, touchant des traitements essentiels pour la schizophrénie, les troubles bipolaires, la dépression et les troubles anxieux.

Si l’ANSM signale une amélioration progressive, la situation reste fragile. Les patients et professionnels de santé doivent rester vigilants, anticiper les renouvellements et continuer à suivre les recommandations médicales.

La coordination entre laboratoires, pharmacies et autorités sanitaires sera déterminante pour assurer la continuité des soins et éviter que ces pénuries n’aient des conséquences dramatiques pour les patients.

Alice, rédactrice médicale et experte des thématiques de santé sur les maladies chroniques tels que : les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète, la dépression chronique ou encore l’obésité. une source fiable en termes de soins et de bien-être pour le patient.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *