obésité
Obésité

A partir de quel seuil est considéré l’obésité ?

L’obésité représente aujourd’hui l’un des défis majeurs de santé publique à l’échelle mondiale. Cette pathologie, caractérisée par un excès de masse grasse ayant des conséquences néfastes sur la santé, touche plus de 650 millions d’adultes dans le monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En France, près de 17% de la population adulte est concernée, avec une prévalence en constante augmentation ces dernières décennies.

Mais qu’est-ce exactement que l’obésité d’un point de vue médical ? Comment est-elle diagnostiquée ? Et surtout, comment distinguer le surpoids simple d’une obésité nécessitant une prise en charge spécifique ? Ces questions sont essentielles pour comprendre cette pathologie multifactorielle.

Dans cet article, nous allons définir précisément l’obésité selon les critères médicaux actuels, explorer les méthodes de calcul et d’évaluation comme l’Indice de Masse Corporelle (IMC), et détailler les différents seuils permettant de classifier cette condition. Vous découvrirez également les différentes formes d’obésité et leurs implications sur la santé.

Que vous cherchiez à mieux comprendre cette pathologie pour vous-même ou pour un proche, ces informations validées scientifiquement vous permettront d’aborder le sujet avec les connaissances nécessaires pour entamer un dialogue constructif avec les professionnels de santé.

Comprendre l’obésité

Définition médicale de l’obésité

L’obésité est définie médicalement comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. Plus précisément, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’obésité correspond à un excès de masse grasse entraînant des conséquences néfastes pour la santé.

Cette pathologie est considérée comme une maladie chronique et complexe. Elle résulte d’un déséquilibre prolongé entre les apports et les dépenses énergétiques, mais ses causes sont multifactorielles : génétiques, environnementales, comportementales, psychologiques et socio-économiques.

La Haute Autorité de Santé (HAS) souligne que l’obésité n’est pas une simple question esthétique mais une véritable pathologie associée à de nombreuses comorbidités : diabète de type 2, hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires, apnée du sommeil, certains cancers, troubles articulaires, et problèmes psychosociaux.

Calcul de l’IMC et interprétation

L’Indice de Masse Corporelle (IMC) est l’outil de référence pour évaluer l’obésité. Il se calcule en divisant le poids (en kilogrammes) par le carré de la taille (en mètres) :

IMC = Poids (kg) / Taille² (m²)

Par exemple, pour une personne de 70 kg mesurant 1,75 m :

IMC = 70 / (1,75 × 1,75) = 70 / 3,0625 = 22,86 kg/m²

L’IMC présente l’avantage d’être simple à calculer et applicable à l’ensemble de la population adulte (18-65 ans). Cependant, il comporte certaines limites : il ne différencie pas masse grasse et masse musculaire, et n’est pas adapté pour les femmes enceintes, les sportifs de haut niveau, les personnes âgées ou les enfants.

Pour ces derniers, des courbes de croissance spécifiques tenant compte de l’âge et du sexe doivent être utilisées.

ClassificationIMC (kg/m²)Risque de comorbidités
Insuffisance pondérale< 18,5Accru pour d’autres problèmes cliniques
Poids normal18,5 – 24,9Faible
Surpoids25,0 – 29,9Modéré
Obésité classe I30,0 – 34,9Élevé
Obésité classe II35,0 – 39,9Très élevé
Obésité classe III (morbide)≥ 40,0Extrêmement élevé

Cette classification, établie par l’OMS, est aujourd’hui reconnue internationalement. Elle permet d’évaluer le niveau de risque associé à chaque catégorie pondérale et d’orienter la prise en charge médicale.

Les différents types d’obésité

Obésité abdominale

L’obésité abdominale, également appelée obésité androïde ou obésité « en pomme », se caractérise par une accumulation excessive de graisse au niveau de l’abdomen et du thorax. Cette forme d’obésité est particulièrement préoccupante car la graisse viscérale (située autour des organes abdominaux) est métaboliquement plus active que la graisse sous-cutanée.

La mesure du tour de taille est l’indicateur de référence pour évaluer l’obésité abdominale. Selon la Fédération Internationale du Diabète (FID), les seuils d’alerte sont :

  • Hommes : tour de taille ≥ 94 cm (risque accru) et ≥ 102 cm (risque très élevé)
  • Femmes : tour de taille ≥ 80 cm (risque accru) et ≥ 88 cm (risque très élevé)

L’obésité abdominale est fortement associée au syndrome métabolique et constitue un facteur de risque indépendant pour les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et certains cancers, même chez des personnes dont l’IMC n’est que légèrement élevé.

Obésité morbide

L’obésité morbide, ou obésité de classe III selon l’OMS, correspond à un IMC égal ou supérieur à 40 kg/m². Cette forme sévère d’obésité est qualifiée de « morbide » en raison des risques majeurs qu’elle entraîne pour la santé et l’espérance de vie.

Les personnes souffrant d’obésité morbide présentent un risque significativement accru de complications graves :

  • Complications cardiovasculaires : hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux
  • Troubles respiratoires : syndrome d’apnée du sommeil, insuffisance respiratoire
  • Complications métaboliques : diabète de type 2, dyslipidémies
  • Problèmes ostéo-articulaires : arthrose précoce, limitations fonctionnelles
  • Risques accrus de certains cancers (endomètre, sein, côlon)
  • Problèmes psychosociaux : dépression, anxiété, discrimination

Face à ces risques importants, l’obésité morbide nécessite une prise en charge pluridisciplinaire spécialisée. Lorsque les approches conventionnelles (diététique, activité physique, suivi psychologique) s’avèrent insuffisantes, la chirurgie bariatrique peut être envisagée selon des critères précis définis par la HAS.

Entre ces deux formes principales, il existe également l’obésité gynoïde (ou « en poire »), caractérisée par une accumulation de graisse principalement sur les hanches et les cuisses. Cette forme est généralement moins associée aux complications métaboliques que l’obésité abdominale.

Diagnostic et évaluation de l’obésité

Méthodes de mesure (IMC, tour de taille)

Le diagnostic de l’obésité repose principalement sur deux mesures complémentaires : l’IMC et le tour de taille. Ces évaluations simples permettent d’identifier les personnes à risque et d’orienter la prise en charge.

Pour mesurer correctement le tour de taille :

  • Se placer debout, pieds légèrement écartés
  • Repérer le point médian entre la dernière côte et la crête iliaque
  • Placer le mètre-ruban horizontalement à ce niveau, sans comprimer la peau
  • Mesurer en fin d’expiration normale

Le rapport tour de taille/tour de hanches (RTH) constitue un indicateur complémentaire. Un RTH supérieur à 0,9 chez l’homme et 0,85 chez la femme indique une répartition androïde des graisses et un risque cardiovasculaire accru.

D’autres méthodes plus sophistiquées existent pour évaluer précisément la composition corporelle :

  • Impédancemétrie bioélectrique : mesure la résistance des tissus au passage d’un courant électrique
  • Absorptiométrie biphotonique (DEXA) : technique de référence mais coûteuse
  • Pléthysmographie par déplacement d’air
  • Imagerie médicale : scanner ou IRM pour évaluer la graisse viscérale

Examens complémentaires

Face à un diagnostic d’obésité, le médecin doit rechercher systématiquement les comorbidités associées et les facteurs de risque. Plusieurs examens complémentaires peuvent être prescrits :

  • Bilan lipidique complet : cholestérol total, HDL, LDL, triglycérides
  • Glycémie à jeun et hémoglobine glyquée (HbA1c)
  • Bilan hépatique : transaminases, gamma-GT
  • Mesure de la pression artérielle
  • Électrocardiogramme et autres examens cardiaques si nécessaire
  • Dépistage de l’apnée du sommeil
  • Bilan endocrinien si suspicion d’obésité secondaire

Une évaluation psychologique et comportementale est également essentielle pour identifier d’éventuels troubles du comportement alimentaire, une détresse psychologique ou des obstacles à la prise en charge.

Classification OMSIMC (kg/m²)Risque pour la santéRecommandations
Poids normal18,5 – 24,9FaibleMaintien du poids, mode de vie sain
Surpoids25,0 – 29,9Légèrement augmentéPrévention de la prise de poids, modifications du mode de vie
Obésité classe I30,0 – 34,9ModéréPerte de poids 5-10%, suivi médical régulier
Obésité classe II35,0 – 39,9ÉlevéPerte de poids 10-15%, prise en charge multidisciplinaire
Obésité classe III≥ 40,0Très élevéPrise en charge spécialisée, chirurgie bariatrique à considérer

Cette évaluation globale permet d’établir un plan de prise en charge personnalisé et adapté à chaque patient. Pour bénéficier d’une évaluation complète de votre situation, il est recommandé de consulter un professionnel de santé spécialisé. Pour trouver un spécialiste près de chez vous, consultez Doctoome.com

FAQ sur l’obésité

Quel est le poids pour être considéré obèse ?

Il n’existe pas de poids absolu définissant l’obésité, car celle-ci dépend de la taille. Une personne est considérée obèse lorsque son IMC est égal ou supérieur à 30 kg/m². Par exemple, pour une personne mesurant 1,70 m, le seuil d’obésité correspond à un poids de 87 kg (IMC = 87 ÷ (1,70 × 1,70) = 30,1).

Comment calculer son IMC ?

Pour calculer votre IMC, divisez votre poids en kilogrammes par votre taille en mètres au carré : IMC = Poids (kg) ÷ [Taille (m)]². Par exemple, pour une personne pesant 75 kg et mesurant 1,75 m : IMC = 75 ÷ (1,75 × 1,75) = 75 ÷ 3,0625 = 24,5 kg/m². Des calculateurs en ligne sont disponibles pour simplifier ce calcul.

Quelles sont les différences entre surpoids et obésité ?

Le surpoids correspond à un IMC compris entre 25 et 29,9 kg/m², tandis que l’obésité est définie par un IMC égal ou supérieur à 30 kg/m². Le surpoids représente un état intermédiaire avec des risques modérés pour la santé, alors que l’obésité est associée à des risques significativement plus élevés de complications métaboliques et cardiovasculaires.

Qu’est-ce que l’obésité morbide ?

L’obésité morbide, ou obésité de classe III, correspond à un IMC égal ou supérieur à 40 kg/m². Cette forme sévère d’obésité est associée à une augmentation drastique des risques de complications graves (diabète, maladies cardiovasculaires, apnée du sommeil, etc.) et à une réduction significative de l’espérance de vie si elle n’est pas prise en charge.

Comment mesurer l’obésité abdominale ?

L’obésité abdominale se mesure par le tour de taille. Placez un mètre-ruban horizontalement au niveau du point médian entre la dernière côte et la crête iliaque, en fin d’expiration normale. Les seuils d’alerte sont de 94 cm (risque accru) et 102 cm (risque élevé) pour les hommes, et de 80 cm (risque accru) et 88 cm (risque élevé) pour les femmes.

Conclusion

L’obésité représente aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique dont la définition précise et l’évaluation standardisée sont essentielles pour une prise en charge adaptée. À travers cet article, nous avons pu établir que cette pathologie se définit médicalement par un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m², avec différents degrés de sévérité ayant chacun des implications spécifiques pour la santé.

L’approche diagnostique de l’obésité ne se limite pas au simple calcul de l’IMC, mais intègre également d’autres mesures comme le tour de taille, particulièrement pertinent pour évaluer l’obésité abdominale, forme associée à des risques métaboliques accrus. Ces évaluations complémentaires permettent une caractérisation plus fine du type d’obésité et une meilleure estimation des risques associés.

Il est important de retenir que l’obésité est une maladie chronique complexe nécessitant une prise en charge globale et personnalisée. Le dépistage précoce et l’évaluation précise constituent la première étape d’un parcours de soins qui doit être adapté à chaque patient.

Pour bénéficier d’une évaluation complète et d’un accompagnement personnalisé dans la prise en charge de l’obésité, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé spécialisé. Doctoome vous aide à localiser des spécialistes dans votre région pour vous accompagner dans cette démarche de santé.

Chloé de Channes est rédactrice santé et écrit sur de nombreux sujets touchant au parcours de soins, aux enfants, aux maladies de peau, la santé des femmes, etc

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