
Urticaire : Traitements efficaces et solutions de soulagement rapide
L’urticaire est une affection cutanée courante qui se manifeste par l’apparition soudaine de papules érythémateuses (plaques rouges) et de démangeaisons intenses. Cette réaction inflammatoire de la peau peut considérablement impacter la qualité de vie des personnes touchées, perturbant le sommeil, les activités quotidiennes et le bien-être psychologique.
En France, l’urticaire touche environ 20% de la population à un moment de leur vie. On distingue deux formes principales : l’urticaire aiguë, qui dure moins de 6 semaines et disparaît généralement spontanément, et l’urticaire chronique, persistant au-delà de 6 semaines et pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire des années.
Face à cette affection cutanée parfois invalidante, il est essentiel de connaître les mécanismes sous-jacents, les facteurs déclenchants et surtout les traitements efficaces. Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon complet des solutions thérapeutiques disponibles, des conseils pratiques pour soulager rapidement les symptômes et des recommandations pour prévenir les récidives.

Comprendre l’urticaire
Qu’est-ce que l’urticaire ?
L’urticaire est une manifestation cutanée inflammatoire caractérisée par l’apparition de papules œdémateuses (plaques en relief), érythémateuses (rouges) et prurigineuses (qui démangent). Ces plaques, appelées aussi « pomphi », sont entourées d’une zone rouge et peuvent apparaître n’importe où sur le corps. Elles ressemblent aux réactions provoquées par le contact avec des orties, d’où l’origine du terme « urticaire ».
Sur le plan physiologique, l’urticaire résulte de la libération d’histamine et d’autres médiateurs inflammatoires par les mastocytes présents dans la peau. Cette libération provoque une vasodilatation locale (rougeur) et une augmentation de la perméabilité des vaisseaux sanguins, entraînant un œdème (gonflement) et des démangeaisons.
On distingue plusieurs types d’urticaire :
- L’urticaire aiguë : survient brutalement et dure moins de 6 semaines. Souvent liée à une cause identifiable (allergie alimentaire, médicament, infection).
- L’urticaire chronique : persiste plus de 6 semaines, avec des poussées récurrentes. La cause reste souvent indéterminée (idiopathique dans 80% des cas).
- L’urticaire physique : déclenchée par des stimuli physiques comme le froid, la chaleur, la pression, les vibrations, l’exercice ou l’exposition au soleil.
Une forme particulière d’urticaire est l’angiœdème, qui touche les couches profondes de la peau et des muqueuses, provoquant un gonflement sans démangeaison, particulièrement au niveau des lèvres, des paupières ou des extrémités.
Causes de l’urticaire
L’urticaire peut être déclenchée par de nombreux facteurs, bien que dans la forme chronique, la cause reste souvent non identifiée. Voici les principaux facteurs déclenchants :
- Allergènes : aliments (fruits de mer, fruits à coque, œufs, lait), pollens, venins d’insectes, latex
- Médicaments : antibiotiques (pénicillines), anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), opiacés, produits de contraste iodés
- Infections : virales (hépatites, mononucléose infectieuse), bactériennes, parasitaires
- Facteurs physiques : froid, chaleur, pression, rayons UV, vibrations, eau
- Facteurs psychologiques : stress, anxiété, émotions intenses
- Maladies auto-immunes : thyroïdite d’Hashimoto, lupus érythémateux disséminé
- Autres facteurs : exercice physique, alcool, épices, additifs alimentaires
L’urticaire idiopathique, particulièrement fréquente dans les formes chroniques, désigne les cas où aucune cause spécifique n’est identifiée malgré les investigations. Des recherches récentes suggèrent qu’une part importante de ces cas pourrait être liée à des mécanismes auto-immuns, avec la production d’auto-anticorps dirigés contre les récepteurs à l’histamine ou les immunoglobulines E (IgE).
- Type | Durée | Causes principales | Caractéristiques
- Urticaire aiguë | Moins de 6 semaines | Allergies alimentaires, médicaments, infections | Apparition soudaine, disparition spontanée
- Urticaire chronique spontanée | Plus de 6 semaines | Souvent idiopathique, parfois auto-immune | Poussées récurrentes, impact sur qualité de vie
- Urticaire physique | Variable | Stimuli physiques spécifiques | Reproduite par l’application du stimulus
- Urticaire de contact | Minutes après contact | Allergènes, substances irritantes | Limitée à la zone de contact
- Angiœdème | Variable | Similaires à l’urticaire, parfois héréditaire | Gonflement profond, potentiellement grave
Symptômes et diagnostic de l’urticaire
Signes caractéristiques
L’urticaire présente des manifestations cutanées spécifiques qui permettent généralement un diagnostic clinique rapide. Les signes caractéristiques incluent :
- Plaques érythémateuses : lésions rouges, surélevées, de taille variable (quelques millimètres à plusieurs centimètres)
- Démangeaisons intenses (prurit) : symptôme majeur, parfois accompagné d’une sensation de brûlure
- Caractère migratoire : les plaques apparaissent et disparaissent rapidement, ne durant généralement que quelques heures (moins de 24h) au même endroit
- Phénomène de dermographisme : chez certains patients, le simple fait de frotter la peau provoque l’apparition de plaques d’urticaire
L’angiœdème, souvent associé à l’urticaire, se manifeste par des gonflements profonds, particulièrement au niveau des lèvres, des paupières, de la langue, des extrémités ou des organes génitaux. Contrairement aux plaques d’urticaire, l’angiœdème provoque moins de démangeaisons mais peut être douloureux et persister plus longtemps (jusqu’à 72 heures).
Il est important de différencier l’urticaire d’autres affections cutanées présentant des similitudes :
- Eczéma : lésions plus persistantes, souvent squameuses et suintantes
- Érythème polymorphe : lésions fixes, en « cocarde »
- Vascularite urticarienne : lésions durant plus de 24h, laissant parfois des marques résiduelles
- Dermatite de contact : limitée aux zones exposées à l’allergène, avec des bordures nettes
- Psoriasis : plaques rouges couvertes de squames blanches, localisations caractéristiques
Processus de diagnostic
Le diagnostic de l’urticaire repose principalement sur l’examen clinique et l’interrogatoire médical approfondi. Le médecin cherchera à déterminer :
- Les caractéristiques des lésions et leur évolution temporelle
- Les facteurs déclenchants potentiels (alimentaires, médicamenteux, environnementaux)
- Les antécédents personnels et familiaux d’allergies ou de maladies auto-immunes
- La présence de symptômes associés qui pourraient suggérer une maladie systémique
Dans les cas d’urticaire chronique ou récidivante, des examens complémentaires peuvent être prescrits :
- Tests cutanés allergologiques : prick-tests ou tests épicutanés pour identifier d’éventuels allergènes
- Bilan sanguin : numération formule sanguine, marqueurs inflammatoires, fonction hépatique et rénale, hormones thyroïdiennes, recherche d’auto-anticorps
- Test de provocation : particulièrement utile pour l’urticaire physique (application de froid, pression, etc.)
- Test sérique d’activation des basophiles : dans certains cas spécifiques

Chez l’enfant, l’urticaire présente quelques particularités. Elle est souvent aiguë et liée à des infections virales plutôt qu’à des allergies alimentaires comme on le croit fréquemment. Le diagnostic différentiel doit aussi inclure certaines maladies infantiles comme les urticaires syndromiques (syndrome de Muckle-Wells, CAPS) et les manifestations cutanées de la mastocytose.
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Traitements et solutions pour l’urticaire
Traitements médicamenteux
La prise en charge médicamenteuse de l’urticaire repose sur plusieurs niveaux de traitement, généralement administrés de façon progressive selon les recommandations internationales (EAACI/GA²LEN/EDF/WAO).
Traitement de première ligne : Antihistaminiques H1 de deuxième génération
Ces médicaments constituent le pilier du traitement de l’urticaire :
- Cetirizine, levocetirizine, desloratadine, bilastine, fexofenadine, rupatadine, etc.
- Avantages : faible sédation, peu d’effets anticholinergiques, prise quotidienne unique
- Posologie initiale : dose standard une fois par jour
- En cas d’efficacité insuffisante : augmentation possible jusqu’à 4 fois la dose standard (selon prescription médicale)
À noter que les antihistaminiques de première génération (hydroxyzine, doxépine) ne sont plus recommandés en première intention en raison de leurs effets sédatifs et anticholinergiques importants.
Traitement de deuxième ligne : Omalizumab
Pour l’urticaire chronique résistante aux antihistaminiques à dose maximale :
- Anticorps monoclonal anti-IgE, administré par injection sous-cutanée
- Posologie habituelle : 300 mg toutes les 4 semaines
- Efficacité démontrée dans plusieurs études cliniques
- Généralement bien toléré, avec peu d’effets indésirables
Traitements de troisième ligne
En cas d’échec des traitements précédents :
- Ciclosporine : immunosuppresseur, efficace mais nécessitant une surveillance étroite
- Antagonistes des récepteurs des leucotriènes (montelukast) : efficacité variable, peut être utilisé en complément des antihistaminiques
- Corticoïdes systémiques : réservés aux poussées sévères et sur courte durée (maximum 10 jours) en raison des effets indésirables à long terme
Cas particulier de l’angiœdème héréditaire
Cette forme spécifique nécessite un traitement différent incluant :
- Concentrés de C1 inhibiteur
- Icatibant (antagoniste des récepteurs B2 de la bradykinine)
- Androgènes atténués en prophylaxie (danazol)
Approches naturelles et complémentaires
En complément des traitements médicamenteux, plusieurs approches peuvent aider à soulager les symptômes de l’urticaire :
Modifications alimentaires
- Éviction des aliments riches en histamine ou libérateurs d’histamine : aliments fermentés, alcools (surtout vin rouge), fromages affinés, charcuterie, conserves de poisson, fruits de mer, fraises, tomates, épinards
- Régime pauvre en pseudo-allergènes : éviction temporaire des additifs alimentaires, conservateurs et colorants
- Identification et éviction des allergènes spécifiques après tests allergologiques
Gestion du stress
Le stress étant un facteur déclenchant ou aggravant fréquent :
- Techniques de relaxation : méditation, yoga, sophrologie
- Exercices de respiration contrôlée
- Activité physique régulière adaptée
- Psychothérapie (thérapie cognitivo-comportementale) dans certains cas
Soins cutanés
- Utilisation de savons doux, sans parfum ni conservateurs
- Douches tièdes plutôt que chaudes
- Hydratation régulière de la peau avec des émollients hypoallergéniques
- Éviter les vêtements serrés et les tissus synthétiques irritants
Remèdes naturels pour soulager les démangeaisons
Bien que leur efficacité soit variable selon les personnes :
- Applications froides : compresses fraîches, bain tiède avec bicarbonate de soude
- Gel d’aloe vera pur : propriétés apaisantes et anti-inflammatoires
- Tisanes anti-inflammatoires : camomille, réglisse, ortie
- Huiles essentielles apaisantes (à utiliser avec précaution et diluées) : lavande, camomille

Il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant d’entreprendre toute modification importante du régime alimentaire ou d’utiliser des remèdes naturels, particulièrement en cas d’urticaire chronique. Doctoome vous aide à localiser des dermatologues et allergologues spécialisés dans votre région.
Prévention et gestion au quotidien de l’urticaire
Identifier et éviter les facteurs déclenchants
La prévention des poussées d’urticaire passe avant tout par l’identification et l’éviction des facteurs déclenchants spécifiques à chaque patient :
- Journal de l’urticaire : noter quotidiennement les poussées, les aliments consommés, les médicaments, l’activité physique, l’exposition à des facteurs environnementaux et le niveau de stress
- Approche systématique : éliminer puis réintroduire progressivement les aliments suspects pour confirmer leur rôle
- Étiquettes alimentaires : lecture attentive pour identifier les additifs, conservateurs ou allergènes cachés
- Médicaments : informer tous les professionnels de santé des réactions antérieures
Pour les urticaires physiques, des mesures spécifiques s’imposent :
- Urticaire au froid : se protéger lors d’exposition au froid, éviter les changements brusques de température
- Urticaire solaire : appliquer une protection solaire à indice élevé, porter des vêtements couvrants
- Dermographisme : éviter les frottements cutanés, privilégier les vêtements amples
- Urticaire retardée à la pression : éviter le port de charges lourdes, les pressions prolongées
Adaptation du mode de vie
Certains ajustements du quotidien peuvent contribuer à réduire la fréquence et l’intensité des poussées d’urticaire :
- Gestion du stress : pratiques régulières de relaxation, organisation du temps, activités plaisantes
- Sommeil de qualité : horaires réguliers, environnement adapté, rituel d’endormissement
- Activité physique adaptée : régulière mais modérée, en évitant la sudation excessive si celle-ci déclenche des poussées
- Hydratation optimale : consommation suffisante d’eau tout au long de la journée
- Environnement domestique : réduction des allergènes (acariens, poussière), maintien d’une température et humidité adaptées
Pour les personnes souffrant d’urticaire chronique sévère, l’impact psychologique peut être considérable. Des stratégies d’adaptation psychologique sont souvent nécessaires :
- Acceptation de la chronicité de la condition
- Développement de stratégies d’adaptation positives
- Participation à des groupes de soutien de patients
- Consultation psychologique si nécessaire
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FAQ sur l’urticaire
Comment soulager rapidement les démangeaisons de l’urticaire ?
Pour soulager rapidement les démangeaisons, appliquez des compresses froides sur les zones touchées, prenez un antihistaminique oral (selon prescription), évitez de vous gratter, portez des vêtements amples en coton et maintenez une température ambiante fraîche. Un bain tiède avec bicarbonate de soude peut également apporter un soulagement temporaire.
L’urticaire est-elle contagieuse ?
Non, l’urticaire n’est absolument pas contagieuse. Il s’agit d’une réaction inflammatoire individuelle qui ne peut pas se transmettre d’une personne à une autre, même par contact direct avec les lésions cutanées. Elle résulte de facteurs propres à chaque individu comme des allergies, des réactions auto-immunes ou des sensibilités particulières.
Combien de temps dure une poussée d’urticaire ?
Les plaques d’urticaire individuelles disparaissent généralement en moins de 24 heures. Cependant, de nouvelles plaques peuvent apparaître alors que d’autres s’estompent. Une poussée d’urticaire aiguë dure habituellement quelques jours à quelques semaines (moins de 6 semaines), tandis que l’urticaire chronique persiste au-delà de 6 semaines avec des fluctuations d’intensité.
Quels aliments éviter en cas d’urticaire ?
En cas d’urticaire, il est conseillé d’éviter les aliments riches en histamine (fromages affinés, charcuterie, aliments fermentés, vin rouge), les libérateurs d’histamine (fraises, tomates, agrumes, fruits de mer), ainsi que les additifs alimentaires et conservateurs. Une consultation allergologique permettra d’identifier les allergènes spécifiques à chaque patient.
L’urticaire peut-elle être dangereuse ?
L’urticaire simple n’est généralement pas dangereuse, bien qu’elle puisse altérer significativement la qualité de vie. Cependant, lorsqu’elle s’accompagne d’un angiœdème touchant les voies respiratoires (langue, gorge) ou de signes systémiques (difficultés respiratoires, chute de tension), elle peut constituer une urgence médicale nécessitant une prise en charge immédiate.
Les antihistaminiques sont-ils efficaces contre toutes les formes d’urticaire ?
Les antihistaminiques sont efficaces contre la majorité des formes d’urticaire, particulièrement celles médiées par l’histamine. Cependant, leur efficacité peut être partielle dans certaines formes chroniques ou physiques. Pour l’urticaire chronique résistante, des traitements de deuxième ligne comme l’omalizumab ou la ciclosporine peuvent être nécessaires après évaluation par un spécialiste.
Comment distinguer l’urticaire d’autres éruptions cutanées ?
L’urticaire se distingue par des plaques rouges surélevées, très prurigineuses (qui démangent), apparaissant et disparaissant rapidement (moins de 24h au même endroit) et ne laissant pas de traces. Contrairement à l’eczéma (lésions squameuses persistantes), au psoriasis (plaques épaisses avec squames) ou à la vascularite (lésions purpuriques persistantes), l’urticaire présente ce caractère fugace et migratoire.
Conclusion
L’urticaire, avec ses manifestations cutanées caractéristiques et ses démangeaisons intenses, représente une affection fréquente dont l’impact sur la qualité de vie peut être considérable. Qu’elle se présente sous forme aiguë ou chronique, sa prise en charge repose sur une démarche diagnostique rigoureuse et une approche thérapeutique adaptée à chaque patient.
La compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’urticaire a considérablement progressé ces dernières années, permettant le développement de traitements ciblés efficaces, particulièrement pour les formes chroniques résistantes aux traitements conventionnels. Les antihistaminiques de deuxième génération demeurent le pilier du traitement, tandis que les thérapies biologiques comme l’omalizumab offrent une alternative précieuse pour les cas réfractaires.
Au-delà des traitements médicamenteux, l’identification et l’éviction des facteurs déclenchants, l’adaptation du mode de vie et l’utilisation judicieuse de remèdes complémentaires peuvent contribuer significativement au contrôle des symptômes. L’éducation thérapeutique du patient joue un rôle essentiel dans la gestion au long cours de cette affection, particulièrement dans ses formes chroniques.
Si vous souffrez d’urticaire persistante ou récidivante, n’hésitez pas à consulter un dermatologue ou un allergologue pour bénéficier d’un diagnostic précis et d’une prise en charge personnalisée. Pour trouver un spécialiste dans votre région, consultez Doctoome.


