
Composition du vaccin contre la grippe : tout savoir sur sa formulation
La grippe saisonnière représente un défi majeur de santé publique, touchant chaque année 2 à 6 millions de personnes en France. La vaccination antigrippale constitue la méthode de prévention la plus efficace contre cette infection respiratoire potentiellement grave, particulièrement pour les populations vulnérables comme les personnes âgées ou immunodéprimées.
Une caractéristique essentielle du virus de la grippe réside dans sa capacité à muter constamment, nécessitant une adaptation annuelle du vaccin. Cette évolution perpétuelle constitue un défi scientifique majeur pour garantir l’efficacité vaccinale face aux nouvelles souches virales en circulation.
Cet article vise à détailler la composition précise du vaccin contre la grippe, à expliquer le processus complexe de sélection des souches virales et à présenter les méthodes de production utilisées par les laboratoires pharmaceutiques. Comprendre la composition du vaccin grippal permet de mieux saisir son fonctionnement et son importance dans la prévention des épidémies saisonnières.

Composition du vaccin contre la grippe
Le vaccin contre la grippe contient plusieurs éléments soigneusement sélectionnés et dosés pour maximiser son efficacité tout en minimisant les effets indésirables. Sa composition associe des fragments viraux inactivés et plusieurs excipients jouant des rôles spécifiques.
Les souches virales incluses
Le composant principal du vaccin antigrippal est constitué de fragments de virus inactivés, incapables de provoquer la maladie mais suffisants pour déclencher une réponse immunitaire protectrice. Ces fragments proviennent de différents types et sous-types de virus grippaux :
- Virus de type A : Responsables des pandémies majeures, ils sont divisés en sous-types selon leurs protéines de surface (hémagglutinine H et neuraminidase N). Les sous-types H1N1 et H3N2 sont généralement inclus dans les vaccins actuels.
- Virus de type B : Moins susceptibles de causer des pandémies mais responsables d’épidémies saisonnières significatives. Ils sont classés en deux lignées principales : Victoria et Yamagata.
Les vaccins antigrippaux se présentent sous deux formes principales en fonction du nombre de souches qu’ils contiennent :
- Vaccins trivalents : Ils protègent contre trois souches virales – deux de type A (généralement H1N1 et H3N2) et une de type B.
- Vaccins quadrivalents : Ils offrent une protection contre quatre souches virales – deux de type A et deux de type B (lignées Victoria et Yamagata), offrant ainsi une couverture plus large contre les virus circulants.
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), les vaccins quadrivalents sont désormais recommandés en priorité en France pour leur couverture plus complète des souches circulantes.
Les autres composants du vaccin
Outre les antigènes viraux, les vaccins contre la grippe contiennent plusieurs autres composants essentiels à leur efficacité, leur stabilité et leur sécurité :
- Adjuvants : Certains vaccins antigrippaux contiennent des adjuvants comme le MF59 (émulsion huile dans eau) ou l’hydroxyde d’aluminium qui renforcent la réponse immunitaire. Ces substances sont particulièrement utilisées dans les vaccins destinés aux personnes âgées, dont le système immunitaire peut nécessiter une stimulation supplémentaire.
- Conservateurs : Le thimérosal, un dérivé du mercure, était autrefois couramment utilisé. Aujourd’hui, la plupart des vaccins antigrippaux en Europe sont conditionnés en doses uniques et ne contiennent plus ce conservateur.
- Stabilisateurs : Des substances comme le polysorbate 80, la gélatine ou le sucrose maintiennent l’intégrité du vaccin pendant son stockage et sa conservation.
- Protéines résiduelles : De faibles quantités de protéines d’œuf peuvent être présentes, résultant du processus de fabrication qui utilise traditionnellement des œufs embryonnés. Ceci explique les précautions prises chez certaines personnes allergiques aux œufs.
Pour les personnes présentant des allergies spécifiques, il existe désormais des vaccins produits sur cultures cellulaires, sans utilisation d’œufs dans le processus de fabrication.
Processus de sélection des souches
La sélection des souches virales à inclure dans le vaccin grippal représente un processus scientifique complexe et coordonné à l’échelle mondiale. Cette étape critique détermine en grande partie l’efficacité de la protection offerte par la vaccination saisonnière.
Rôle de l’OMS dans le choix des souches
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) joue un rôle central dans la détermination des souches vaccinales grâce à un vaste réseau de surveillance mondial :
- Réseau mondial de surveillance de la grippe : Composé de plus de 140 centres nationaux de la grippe répartis dans 114 pays, ce réseau collecte continuellement des échantillons de virus et analyse leurs caractéristiques génétiques et antigéniques.
- Centres collaborateurs de référence : Six laboratoires de référence (aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, au Japon et en Chine) analysent en profondeur les données recueillies pour identifier les souches dominantes et émergentes.
- Surveillance épidémiologique : L’analyse des tendances d’infection dans l’hémisphère opposé fournit des indications précieuses sur les souches susceptibles de circuler lors de la saison grippale à venir.
Les experts de l’OMS se basent sur des critères précis pour sélectionner les souches vaccinales, notamment la prévalence actuelle des virus, leurs caractéristiques antigéniques, leur potentiel épidémique et la capacité des souches candidates à induire une réponse immunitaire efficace.
Chronologie du processus de décision
Le processus de sélection des souches suit un calendrier rigoureux qui doit s’adapter aux contraintes de production industrielle :
- Février : Réunion des experts de l’OMS pour formuler les recommandations concernant les souches à inclure dans les vaccins pour l’hémisphère Nord (saison octobre à mars).
- Septembre : Réunion similaire pour déterminer la composition des vaccins destinés à l’hémisphère Sud (saison avril à septembre).
- Mars-Avril : Les autorités sanitaires nationales (comme l’Agence européenne des médicaments pour l’Europe) adoptent officiellement les recommandations pour leurs territoires.
- Avril-Mai : Les laboratoires pharmaceutiques reçoivent les souches de référence et débutent la production industrielle des vaccins.
- Juin-Août : Production, tests de qualité et conditionnement des vaccins.
- Septembre-Octobre : Distribution et début des campagnes de vaccination dans l’hémisphère Nord.
Ce calendrier serré représente un défi majeur car il impose un délai de 6 à 8 mois entre la sélection des souches et la disponibilité des vaccins, durant lequel les virus peuvent continuer à évoluer. Cette contrainte temporelle explique pourquoi l’adéquation entre les souches vaccinales et les virus circulants peut parfois être imparfaite.
Formulation et production du vaccin
La production des vaccins antigrippaux représente un véritable défi industriel combinant techniques traditionnelles et innovations biotechnologiques. Ces procédés doivent répondre à des exigences strictes de sécurité tout en permettant une production massive en temps limité.
Techniques de production des vaccins antigrippaux
Plusieurs méthodes coexistent aujourd’hui pour la fabrication des vaccins contre la grippe :
- Culture sur œufs embryonnés : Méthode traditionnelle et encore majoritaire, elle consiste à injecter les virus dans des œufs de poule fécondés où ils se multiplient. Après incubation, le liquide allantoïque contenant les virus est récolté. Les virus sont ensuite inactivés chimiquement, purifiés et fragmentés pour obtenir les antigènes vaccinaux. Cette méthode nécessite environ un œuf par dose de vaccin.
- Culture cellulaire : Technique plus récente où les virus sont cultivés sur des lignées cellulaires (comme les cellules MDCK ou Vero) dans des bioréacteurs. Cette approche offre plusieurs avantages : production plus rapide, absence de protéines d’œuf (réduisant les risques d’allergie), et meilleure adaptation à certaines souches virales difficiles à cultiver sur œufs.
- Technologie recombinante : Approche innovante où les gènes codant pour des protéines spécifiques du virus (notamment l’hémagglutinine) sont isolés et insérés dans d’autres organismes comme des bactéries ou des cellules d’insecte qui produisent alors ces protéines en grande quantité. Cette méthode permet une production encore plus rapide et standardisée.
Après obtention des antigènes viraux par l’une de ces méthodes, le processus se poursuit avec des étapes d’inactivation (généralement par formaldéhyde ou β-propiolactone), de purification, de fragmentation, puis de formulation avec les autres composants (adjuvants, stabilisateurs) avant le conditionnement final, généralement en seringues préremplies.
Délais et contraintes de production
La production des vaccins antigrippaux fait face à plusieurs défis majeurs :
- Contraintes temporelles : Le délai entre l’identification des souches et la nécessité de disposer des vaccins reste très court (6-8 mois), obligeant les laboratoires à optimiser chaque étape du processus.
- Adaptation des virus aux systèmes de production : Certaines souches virales se multiplient difficilement dans les œufs embryonnés, nécessitant des adaptations génétiques qui peuvent parfois modifier légèrement leurs propriétés antigéniques.
- Capacité de production mondiale : La production doit satisfaire une demande massive et concentrée sur quelques mois, nécessitant des infrastructures considérables.
- Contrôles qualité rigoureux : Chaque lot de vaccin subit de nombreux tests pour garantir son efficacité, sa pureté et sa sécurité, ce qui peut allonger les délais de production.
Ces contraintes expliquent pourquoi la recherche s’oriente de plus en plus vers des technologies innovantes comme les vaccins universels contre la grippe, qui cibleraient des parties constantes du virus et ne nécessiteraient pas de reformulation annuelle.
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Efficacité et limites du vaccin antigrippal
L’efficacité du vaccin contre la grippe varie considérablement d’une saison à l’autre, en fonction de plusieurs facteurs déterminants. Cette variabilité constitue l’un des aspects les plus discutés de la vaccination antigrippale.
Facteurs influençant l’efficacité vaccinale
Plusieurs éléments déterminent le niveau de protection offert par le vaccin antigrippal :
- Concordance antigénique : Le degré de similitude entre les souches incluses dans le vaccin et les virus circulants représente le facteur principal d’efficacité. Une concordance élevée peut assurer une efficacité de 60-70%, tandis qu’une discordance importante peut réduire l’efficacité à 20-30%.
- Caractéristiques individuelles : L’âge et l’état immunitaire du receveur influencent significativement la réponse au vaccin. Les personnes âgées et immunodéprimées développent généralement une protection moins robuste, même si le vaccin reste bénéfique pour réduire la sévérité de l’infection.
- Délai depuis la vaccination : La protection s’établit environ 14 jours après l’injection et peut diminuer progressivement au cours des mois suivants, avec une baisse plus rapide chez les personnes âgées.
- Type de vaccin utilisé : Les vaccins quadrivalents offrent une couverture plus large que les trivalents. De même, certains vaccins à haute dose ou adjuvantés peuvent induire une réponse immunitaire plus forte chez les personnes âgées.
Selon les données de Santé publique France et de l’INSERM, l’efficacité moyenne du vaccin antigrippal se situe généralement entre 40% et 60% pour la population générale lors des saisons où la concordance antigénique est bonne.
Limites et perspectives d’amélioration
Malgré son utilité incontestable en santé publique, le vaccin antigrippal présente certaines limites qui motivent la recherche de solutions innovantes :
- Mutations virales imprévisibles : Le virus peut subir des dérives antigéniques entre le moment de la sélection des souches et la saison grippale, réduisant l’efficacité vaccinale.
- Délai de production : La méthode traditionnelle sur œufs nécessite plusieurs mois, ce qui complique l’adaptation rapide à des virus émergents.
- Protection de courte durée : Contrairement à d’autres vaccins offrant une immunité durable, la protection contre la grippe diminue généralement en quelques mois, nécessitant une vaccination annuelle.
Pour surmonter ces limitations, plusieurs axes de recherche sont activement explorés :
- Vaccins universels : Ces candidats vaccins ciblent des régions conservées du virus (comme la tige de l’hémagglutinine) qui mutent peu, avec l’espoir d’offrir une protection plus large et plus durable.
- Nouvelles plateformes technologiques : Les technologies à ARNm, ayant démontré leur potentiel avec les vaccins COVID-19, sont explorées pour les vaccins grippaux, permettant une production plus rapide et adaptable.
- Adjuvants innovants : De nouveaux adjuvants sont développés pour améliorer la réponse immunitaire, particulièrement chez les personnes âgées.
- Modélisation prédictive : L’intelligence artificielle est utilisée pour mieux prévoir l’évolution des virus grippaux et affiner la sélection des souches vaccinales.
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FAQ sur la composition du vaccin contre la grippe
Pourquoi le vaccin contre la grippe change-t-il chaque année ?
Le virus de la grippe mute constamment, modifiant ses caractéristiques antigéniques (dérive antigénique). Ces mutations permettent au virus d’échapper à l’immunité développée contre les souches précédentes. Pour maintenir son efficacité, le vaccin doit être reformulé annuellement pour correspondre aux souches virales qui devraient circuler lors de la saison à venir.
Quelle est l’efficacité du vaccin contre la grippe ?
L’efficacité du vaccin antigrippal varie généralement entre 40% et 60% lorsque les souches vaccinales correspondent bien aux virus circulants. Cette efficacité peut diminuer à 20-30% en cas de discordance importante. Toutefois, même lorsque l’efficacité est modérée, la vaccination réduit significativement le risque de complications graves, d’hospitalisation et de décès liés à la grippe.
Qu’est-ce qu’un vaccin quadrivalent contre la grippe ?
Un vaccin quadrivalent contient des antigènes de quatre souches de virus grippaux : deux souches de type A (généralement H1N1 et H3N2) et deux souches de type B (des lignées Victoria et Yamagata). Cette composition offre une protection plus large que les vaccins trivalents qui ne contiennent qu’une seule souche B, augmentant ainsi les chances de couvrir les virus qui circuleront effectivement.
Comment le choix de l’OMS impacte-t-il l’efficacité du vaccin ?
Les recommandations de l’OMS, basées sur une surveillance mondiale des virus grippaux circulants, déterminent les souches à inclure dans les vaccins. L’adéquation entre ces choix et les virus qui circuleront effectivement 6 à 8 mois plus tard constitue le facteur principal d’efficacité vaccinale. Un choix pertinent permet d’optimiser la protection offerte par la vaccination.
Les adjuvants du vaccin sont-ils sûrs ?
Les adjuvants utilisés dans certains vaccins contre la grippe, comme le MF59 (émulsion huile dans eau), ont démontré un profil de sécurité favorable lors d’études cliniques et de surveillance post-commercialisation. Ils permettent d’améliorer la réponse immunitaire, particulièrement chez les personnes âgées. Les effets indésirables les plus fréquents sont des réactions locales transitoires au site d’injection.
Pourquoi certaines personnes développent-elles des symptômes grippaux après la vaccination ?
Les vaccins inactivés contre la grippe ne peuvent pas causer la grippe car ils ne contiennent que des fragments de virus inactivés. Les symptômes parfois ressentis après vaccination sont généralement dus à : la réaction immunitaire normale (légère fièvre, fatigue), une infection par un virus différent, ou une coïncidence avec une grippe contractée avant que la protection vaccinale ne soit effective (qui s’établit en 14 jours environ).
Conclusion
La composition du vaccin contre la grippe représente l’aboutissement d’un processus scientifique complexe et coordonné à l’échelle mondiale. À travers cet article, nous avons exploré les différentes facettes de ce vaccin essentiel à la santé publique, de sa formulation à sa production.
La sélection minutieuse des souches virales, basée sur une surveillance épidémiologique mondiale, constitue le fondement de l’efficacité vaccinale. L’évolution constante du virus grippal impose ce processus annuel d’adaptation qui distingue ce vaccin de la plupart des autres immunisations du calendrier vaccinal.
Les différentes méthodes de production, qu’elles soient traditionnelles sur œufs embryonnés ou innovantes sur cultures cellulaires, permettent de répondre au défi logistique que représente la fabrication de millions de doses dans un délai contraint.
Si l’efficacité du vaccin antigrippal reste variable d’une saison à l’autre, son impact sur la réduction des complications graves, des hospitalisations et de la mortalité liée à la grippe est scientifiquement établi, particulièrement pour les populations vulnérables.
Les avancées technologiques comme les vaccins universels ou les nouvelles plateformes de production laissent entrevoir des améliorations futures qui pourraient transformer notre approche de la prévention contre la grippe saisonnière.
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