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Tout savoir sur la Maladie de NASH – Fabienne Bonnet, nutritionniste-diététicienne

La maladie de NASH, que l’on appelle également maladie du « foie gras » ou « du soda » est en constante augmentation en France. En effet, 1 personne sur 5 aurait le foie trop gras. D’ici 10 à 15 ans, cela pourrait augmenter de plus de 60%. La cause principale de cette maladie : une alimentation souvent trop sucrée et trop grasse.

Qu’est ce que cette maladie ? Comprendre les causes et savoir se faire accompagner. Explications de Fabienne Bonnet, diététicienne.

Qu’est-ce que la maladie de NASH ? 

Le foie est l’organe le plus gros et le plus lourd du corps. Il est l’organe qui fabrique la bile. Par la quite, il la transporte dans la vésicule biliaire. Enfin, il la relâche dans l’intestin grêle lors de la digestion. Elle va aider à absorber les graisses alimentaires.

Le foie aide également à stabiliser le taux de glucose sanguin. En effet, il fabrique le cholestérol et les protéines du sang et protège des toxiques et des substances potentiellement cancérigènes.

La maladie de NASH (non alcoholic steatohepatitis), stéatose hépatique non alcoolique, est aussi appelée la maladie du foie gras.

Elle affecterait environ ⅓ de la population des pays développés et concerne au moins la moitié des diabétiques, et, 90% des personnes obèses.

La NASH se manifeste par une atteinte progressive des cellules hépatiques, qui vont de l’inflammation à la fibrose. Elle augmente le risque de cirrhose du foie, d’insuffisance hépatique et de cancer du foie.

Quelles sont les causes de la maladie de Nash ? 

Cette maladie est pour l’essentiel due au mode de vie, au surpoids, à l’obésité, à des comportements alimentaires inadaptés et au manque de sport.

L’insulinorésistance est au cœur du mécanisme qui conduit au foie gras, puis au diabète.

En effet, la résistance à l’insuline fait que le glucose n’est plus accepté par les cellules musculaires, il va donc être transformé en graisses par le foie, dont une partie va se retrouver dans le sang, pour être acheminée vers les tissus adipeux, où elles s’accumulent, notamment au niveau de l’abdomen, augmentant encore l’insulinorésistance.

Quels en sont les symptômes ? 

La maladie du foie gras se manifeste rarement par des symptômes marqués.

Les personnes atteintes présentent une fatigue chronique, des faiblesses musculaires, ou des troubles de la mémoire.

Comment déceler la maladie de Nash ? 

Le diagnostic est posé la plupart du temps au détour d’un bilan sanguin, ou parce que le médecin soupçonne une maladie du foie gras devant une obésité abdominale, un diabète, un pré-diabète ou un syndrome métabolique.

Il prescrit alors une échographie du foie et une analyse de sang pour doser les enzymes hépatiques (ALAT, ASAT, Gamma GT) et dépister la maladie.

Si l’ALAT est supérieure à 40 ui/l, et les Gamma GT supérieures à 30 ui/l, le risque de NASH est élevé.

Comment éviter ou inverser la maladie de NASH ? 

Il n’y a pas de médicaments pour guérir de la NASH, mais on peut l’inverser en adoptant une alimentation saine et en reprenant une activité physique régulière.

Il faut donc limiter la consommation de sucres transformés et raffinés (corn flakes, pain de mie, viennoiseries, riz blanc…), tous les aliments à indice glycémique (IG) élevé, qui font fortement augmenter la glycémie.

Mais il convient également de limiter sa consommation de fructose, qui n’est pas utilisé par nos cellules pour se procurer de l’énergie, et qui est métabolisé par le foie, où il est transformé en acide urique et en graisses.

Contrairement aux idées reçues, la consommation de 3 fruits par jour et d’un peu de miel ne nuit pas au foie, mais une alimentation riche en fructose transformé (dans les sodas par exemple), augmente la résistance à l’insuline et l’inflammation hépatique.

Attention également au sel qui accentue la transformation du glucose en fructose.

La consommation d’huile de tournesol et de maïs, riches en acides gras oméga 6, favorise la coagulation et l’inflammation hépatique. Il faudrait consommer autant d’oméga 3 (huile de colza, poissons gras…) que d’oméga 6, mais aussi privilégier l’huile d’olive riche en acides gras poly-insaturés qui font augmenter le taux de bon cholestérol (HDL).

Attention à la surconsommation de viande rouge et de charcuterie qui augmente les réserves de fer favorisant l’oxydation des tissus et  l’insulinorésistance.

Bien-sûr, il faut consommer suffisamment de fibres, de vitamines et de minéraux, en ayant une alimentation variée et équilibrée.

Comment se faire accompagner par une diététicienne pour soigner la Maladie ?

La prise en charge d’un patient souffrant d’une NASH se base sur 2 types d’alimentations.

Un régime hypocalorique pour les personnes en surcharge pondérale, pré-diabétiques ou diabétiques, pendant 3 semaines, pour déstocker rapidement les graisses hépatiques et pancréatiques et diminuer le poids afin d’améliorer la sensibilité à l’insuline.

Puis un régime méditerranéen à IG bas pour continuer de mettre le foie au repos, baisser le taux de triglycérides et de glucose dans le sang. On peut garder cette alimentation ensuite.

Et tout cela accompagné bien-sûr d’une activité physique régulière.

En prenant soin de son foie, on prend soin de tous ses autres organes (poumons, cerveau, pancréas, reins, intestins), et par conséquent, on améliore sa santé. Cela en vaut la peine.

Fabienne Bonnet – Diététicienne

Trouver son équilibre alimentaire grâce aux conseils de Pauline Legaud-Van de Vyver, Dietéticienne